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Publié le 11 Décembre 2014

Hôpital Bach Maï.

Véritable cour des miracles, s'il en est... Ville dans la ville, tant la densité de population (souffreteux et parentèle mêlés) y est impressionnante. L'impression d'un vaste caravansérail où se seraient donnés rendez-vous tous les patraques, scrofuleux, fiévreux et autres cacochymes que compte Hanoï... Les couloirs sont constamment encombrés. On se contourne, on s'enjambe... Tout ça dans un climat de morne résignation que la crasse et les miasmes ne font que renforcer. Au moins est-on assuré de ne pas manquer de compagnie, y compris dans son lit que, bien souvent, l'on doit partager avec un ou deux autres croquants, rongés eux-aussi de maux divers. Alors on se fait de la place comme on peut. La plupart du temps, on s'installe tête-bêche, ce qui permet au moins aux microbes de tenir colloque...

Et puis passée l'hébétude première, on commence à voir les choses autrement, à s'émouvoir de cette parente tenant une perfusion à bout de bras sans rien laisser paraître de sa fatigue, de ces cousins de province, venus soutenir l'un des leurs, et qui dorment dans la cour, sous des bâches crasseuses, dans une atmosphère somme toute bon enfant, de celui-ci, venu porter des fruits, de celle-là, qui s'occupe, toutes affaires cessantes, de la subsistance de sa vieille mère...

Petits trésors d'humanité, ô combien réconfortants...

Rédigé par Duong Thi Thuy & Didier Latroupe

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