dat nuoc - di dao

Publié le 3 Janvier 2016

Au Vietnam, partir, ne serait-ce qu'à une cinquantaine de kilomètres de chez soi, relève toujours plus ou moins de l'expédition. Il faut dire que les routes sont ce qu'elles sont et que si elles mènent bien à destination, elles mettent souvent la patience du conducteur à rude épreuve. Si au moins elles étaient belles!... Hélas, la plupart du temps, elles (les grands axes de circulation, j'entends) donnent lieu à un étalage ininterrompu de hangars, d'entrepôts, de terrains vagues, de constructions toutes plus laides les unes que les autres: un univers sordide et poussiéreux, sorte de zone artisano-industrielle ultra-bâclée, où les notions d'urbanisme et de paysagisme n'ont pas cours. De quoi laisser perplexe le voyageur qui découvre ainsi le pays et qui jusque-là, n'en connaissait que les images d'estampe si complaisamment répandues de par le monde...

Eh bien, que ce voyageur se rassure! Il lui suffira de bifurquer d'un côté ou de l'autre, de crever ce rideau opaque, pour qu'aussitôt, un autre monde s'offre à son regard, un monde résolument bucolique, beaucoup plus conforme à ses attentes. Non, on ne lui avait pas menti, ce Vietnam-là existe bel et bien!... Disons simplement qu'il ne se laisse pas approcher facilement, qu'il a ses pudeurs et qu'au besoin, il faut savoir lui faire un brin de cour.

C'est du reste ce que je m'efforce de faire avec une belle persévérance et je dois dire que jusqu'à présent, j'ai été plutôt bien récompensé de mes peines.

Pas plus tard qu'hier et avant-hier, d'ailleurs. Parti de Hanoï en fin de matinée, sous un ciel voilé. Cap au sud-ouest, sur la région de Hoa Binh, terre d'élection des Hmongs, l'une de ces peuplades constitutives de l'extraordinaire mosaïque pluri-ethnique qu'est le peuple vietnamien.

Un paysage fait de grands pitons rocheux émergeant des rizières, d'aréquiers qui s'élancent tout droit vers le ciel avec une grâce de jet d'eau, de maisons sur pilotis aux toitures de chaume... Tout cela calme et paisible à souhait: un tableau à la Millet auquel la lumière un peu diffuse de cette saison hivernale donnait un aspect légèrement mélancolique.

dat nuoc - di dao

Vu un banian multi-seculaire, l'un de ces arbres qui ont l'air sortis tout droit d'une légende, à l'ombre desquels le temps suspend son vol...

dat nuoc - di dao

Aperçu aussi une jolie petite fille aux pieds nus qui pourchassait un papillon en riant aux éclats...

Rédigé par Duong Thi Thuy & Didier Latroupe

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