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Publié le 3 Juin 2017

Même après tant d'années passées à Hanoï (bientôt dix ans!), j'y découvre encore des petits quartiers sur lesquels la vie moderne ne semble pas, ou si peu, avoir prise.

 

Celui d'hier matin se présente sous la forme d'un dédale de ruelles arborescentes et ombragées, entre lesquelles subsistent quelques magnifiques spécimens de ces unités d'habitat collectif, telles qu'il en fleurissait un peu partout durant les austères années de l'après guerre et qui ont donné lieu à une incroyable customisation architecturale. Entendez par-là que chaque résident s'est donné le droit de remodeler son appartement à sa guise en y ajoutant une véranda en saillie, faite le plus souvent avec les moyens du bord et de guingois, ce qui fait qu'en général, la façade disparaît complètement, masquée par toutes ces excroissances qui, à grands renforts de plantes en pot, de cages à oiseaux, de cordes à linge, de théières fumantes et de fils électriques embrouillés, font ressembler le tout à une sorte de palais du facteur Cheval ultra-baroque.

 

C'est hirsute à souhait... On se demande d'ailleurs comment l'édifice réussit encore à rester en équilibre tant il semble surchargé de tous côtés, et puis on croise une bicyclette qui l'est tout autant sinon plus et on se dit qu'ici décidément, il ne faut pas chercher à comprendre. 

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En-dessous, c'est tout un monde de petites échopes, de minuscules éventaires, de marchés à la sauvette où la vie tisse sa trame avec ce mélange de grâce et de simplicité qui est l'apanage des petites gens... 

Rédigé par Duong Thi Thuy & Didier Latroupe

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