pho

Publié le 17 Janvier 2008

Ce  matin, riz gluant aux cacahuètes dans une petite ruelle: matrone accroupie sur un tabouret minuscule, presque au ras du sol, avec ses paniers de bambous tressés. On se presse tout autour. Certains mangent là en bavardant, d'autres se font confectionner une boule de ce fameux riz (xoi), enveloppée dans une feuille de bananier, qu'ils emporteront avec eux pour la journée. C'est provisoire à souhait, et pourtant c'est l'imagerie-même de l'Asie éternelle: cantines de trottoir ambulantes, joyeuses et bourdonnantes.

Après, café (ca-phe), un peu plus loin: échoppe étroite et sombre, toute en longueur - tables, chaises et ventilateurs de chaque côté, disposés contre les murs -  clientèle bruyante et chaleureuse - breuvage noir et vigoureux, tonique, exactement ce qu'il me faut, la journée sera bonne... 6000 dongs? Bon, très bien, voilà, xin cam on ba!

Promenade au hasard, dans les rues avoisinantes. Croisé un cortège funèbre: famille endeuillée, un morceau de tissu blanc noué sur la tête (c'est vrai qu'ici, le blanc est la couleur mortuaire) - musiciens de fortune qui ouvrent la marche: hautbois grêles, cymbales rouillées, gongs... Et couronnant le tout, la bonne parole quotidienne que le comité populaire du quartier dispense dans des haut-parleurs asthmatiques suspendus ça et là, parmi les folles arabesques que tracent les antennes et les fils électriques dans l'horizon. Etrange cacophonie!

Boutiques fantasques. Ici, on vend pêle-mêle: drapeaux de la 3ème Internationale avec faucille et marteau, of course (!) - portaits de Karl Marx ou de l'oncle Ho - chapeaux de brousse - tout un stock de balles de tennis usagées... Et là, chez cet autre, on a fait des efforts pour attirer le touriste étranger: entrer zil vous plait...

Frangipaniers en fleur - banians - corridors ombragés - ocre délavé des facades - volets vermoulus - constructions récentes, clinquantes et hideuses, qui voisinent avec des entrepôts délabrés - relents de crevettes pourries et de thé vert...

Ciel voilé aujourd'hui, luminosité douce et agréable, température à l'avenant. Dans l'après-midi, visite à la pagode Hung Ky (chua Hung Ky), au sud de la ville - Bodhisattva gigantesque dans la pénombre et l'encens - femmes en prière, agenouillées sur des nattes - silence à peine troublé par l'écho d'une cloche de bronze - ferveur et parfums... Dans la cour intérieure, un bassin: poissons et tortues qui jouissent en toute sérénité de la protection du Bouddha, au milieu des lotus.

Retour à la nuit tombante: nuée multicolore des néons et des panneaux publicitaires qui s'allument.



 

Rédigé par Duong Thi Thuy & Didier Latroupe

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