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Publié le 13 Juin 2008

Soirée à l'opéra, avant hier.


Encore un vestige de l'Indochine française, à l'allure délicieusement provinciale et désuète; c'est tout ce rococo frivole, décadent et vaguement pédant, qui a fait les belles heures de la période coloniale et qui a fleuri, de comptoir en comptoir, entre Pondichéry et Shanghaï. Moi qui ai toujours aimé les théâtres!... Celui-ci a de quoi m'enchanter, avec ses colonnades en marbre, son foyer aux airs de galerie des glaces, ses larges déambulatoires... Et cette salle à l'italienne... merveilleuse, cette salle, avec son vaste proscenium qui s'avance comme une jetée dans la mer! Loges - balcons - fauteuils: tout de velours cramoisi... C'est tellement inattendu, tellement décalé, en fait... Toute une époque!...

Pas vraiment révolue, d'ailleurs, cette époque! Comme au bon vieux temps... C'est toute la société huppée de Hanoï qui se retrouve là; des européens, pour la plupart: aimable assemblée de diplomates et autres messieurs Jourdain de circonstance, légèrement replets et plus ou moins confits d'autosatisfaction, qui sont accompagnés par Madame en tenue de gala... Baise-mains - mondanités - commérages chics... Sur invitation, était-il précisé. Bon. Tout le gratin de la ville a du attendre avec anxiété de recevoir le précieux sésame: en être ou ne pas en être? Que voulez-vous? Ce n'est pas rien que d'avoir un rang à tenir lorsque l'on vit loin de chez soi!...

Toute une époque, vous dis-je!...

 

 

 

Rédigé par Duong Thi Thuy & Didier Latroupe

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