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Publié le 30 Octobre 2008

Crevé mon pneu, l'autre jour. Il fallait bien que ça finisse par arriver, avec ces chaussées défoncées, jonchées de gravats. Bien m'en a pris! Me suis retrouvé au bord d'un étang couvert de lotus à moitié fanés, en face d'une pagode aux murs lépreux dont la toiture achevait tout doucement de se démanteler sous un entrelac de lignes électriques si serré qu'il voilait le soleil.

Me suis décidé à rentrer à pied, en me frayant un passage, tant bien que mal, au milieu de maraîchères en fichu qui coltinaient de prodigieux édifices de pamplemousses sur leurs bicyclettes. Succession de devantures hétéroclites, creusées ça et là de ces longues galeries étroites et faiblement éclairées, au fond desquelles on entendait d'énormes théières de fonte chanter sur leurs braseros - bistrots "sur le pouce" - éventaires de marchands de breloques - canapés éventrés, sur les trottoirs - inscriptions plus ou moins effacées... Au détour d'un chemin, tombé un peu par hasard sur un cimetière abandonné qui sommeillait là, sans mot dire: sépultures presque en ruine, envahies par les herbes folles, orientées pêle-mêle, selon les lois de la géomancie. Et en continuant encore, me suis égaré dans une espèce de sentier fangeux, bondé de lumignons poussiéreux, qui fleurait la sciure et le désinfectant bon marché.

Au loin, on devinait les lumières d'une cité satellite en construction: horizon virant au rouge, bardé d'appels multicolores.



 

Rédigé par Duong Thi Thuy & Didier Latroupe

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