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Publié le 27 Avril 2009

A en croire les plus défaitistes, Hanoï ne serait plus qu'une ville condamnée à disparaître corps et biens sous les coups de boutoir d'un modernisme impitoyable qui, convenons-en, a une facheuse tendance à démolir pour faire du neuf en traçant au cordeau de ces avenues sans grâce et sans mystère comme on en trouve un peu partout, de Shanghaï à Rio de Janeiro. Soit.


C'est vrai, mais il reste ici de ces vieux banians comme on n'en voit qu'en songe, immenses, couverts de petits autels portatifs, chacun capable d'abriter de minuscules échoppes de thé autour desquelles on passerait volontiers le restant de ses jours à rêvasser. Il reste aussi une infinité de recoins oubliés qui pulullent au gré des entassements urbains, entre gravats et palissades, et qui sont un art de vivre à part entière. Et puis surtout, il y a cette effervescence si particulière, ce grouillement incessant qui subjugue et enchante à la fois: véritable maëlstrom d'effluves, de cris et de poussière.

Et c'est sans compter sur tous ces gens qui subsitent d'aubaines, d'astuces, d'escroqueries plus ou moins ingénieuses: autant d'existences picaresques, placées sous le signe d'une débrouillardise sans égale, qui suffisent à créer un climat résolument ouvert et tourné vers l'avenir. Et peu importe si d'anciennes certitudes volent en éclats; ici, l'hésitation n'est pas de mise, c'est tout.

 

 

 

Rédigé par Duong Thi Thuy & Didier Latroupe

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